Histoire de Saint Etton

Histoire de St Etton

Pourquoi cette page sur ce blog qui n’a rien à voir avec le thème ?…

Parce que déçu de ne (quasi) rien trouver sur le net sur cet homme dont le culte a bercé mon enfance (je suis natif de Dompierre sur Helpe) mérite mieux que de disparaître des mémoires au profit des jet-setters accaparant la majorité des pages web.

Je ne suis pas historien ni théologue, j’ai juste essayé de rassembler les documents à ma portée. Si d’autres personnes souhaitent prendre le relais ou me donner d’autres infos, rectifications, etc… ce serait avec plaisir alors n’hésitez pas à me contacter.

A noter, on peux trouver ce même saint sous d'autres orthographes et dénominations selon la localité et les époques: Saint Zé, St Zée, St Ethon, St Etto, St Eton, St Etto de Fescan, St Hetto de Dompierre.separation-copie-1

Ses origines

Saint Etton naquit vers 590 en Irlande dans une famille noble et illustre dont l’histoire lui attribue 6 frères. Très jeune, il rentra dans un monastère.

Ordonné prêtre et suivant l’exemple déjà donné par de nombreux religieux irlandais, il se rendit à Rome avec d’autres moines nommés Fursy, Follian, Ultan, Algis, Eloque et Aldegise en pèlerinage avant de commencer son apostolat.

Ordonné évêque par le pape Martin 1er afin de distribuer la bonne parole dans la gaule antique, Etton reçoit pour mission spéciale l’évangélisation de la Thiérache.

Cette requête fut sollicitée par Maldegaire, seigneur de la cour de Dagobert et par Waudru (sa femme).

Cette mission est loin d’être anodine à cette époque de par la difficulté de quitter la sécurité de la vie matérielle des monastères irlandais pour vivre en ces temps de barbarie dans des régions peu habitées en ermite.

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Vitraux de l'église de Dompierre: Baptême de St Etton et le 2eme est son sacre à Romeseparation-copie-1L’arrivée à Bienvillers

Les différents frères parvinrent en gaule belge et se partagèrent la tâche.

Etton vint d’abord se fixer dans la forêt de Bazèque et de là se rendit à Bienvillers (62) près d’Arras. Le druidisme régnait encore au fond des sombre forêts de l’Artois. Il y serait venu pour déposer les reliques du pape martyr St Clément.

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1er miracle :

Une femme considérée nommée Pétronille qui venait de décéder en couches fut touchée par St Etton et se releva.

A partir de ce jour, il ne put exercer son saint ministère tant il était sollicité par tous. Et effrayé par les  honneurs qu’on lui rendait, il suivit la grande voie romaine et arriva à Fuchaux.

Ci dessus: vitrail de l'église de Dompierre illustrant ce miracle

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Arrivée à Fuchaux (hameau de Dompierre)

Après de nombreuses prédications, en se dirigeant vers le Hainaut, il arrive au « château d’Avesnes ». Il s’agissait d’un fort situé à l’extrême limite du village de Villers en Thiérache en un endroit nommé Fuchaux .

A noter: Fuchaux (appelé également selon les époques Fusciau, Fissiau, Fuchaux, Fusciau, …) porte ce nom car enjambant la rivière de l’Helpe majeure se trouvait un péage (Fisciacum = corbeille du fisc-ancien péage romain) situé sur la chaussée romaine de Bavay à Reims enjambant l’Helpe.

Ce n’était pas ce coin bucolique actuel mais une terre quasiment inhabitable.

La dépression du sol et l’absence de travaux pour endiguer les eaux avaient fait de la basse campagne baignée par l’Helpe un grand lac de boue où proliféraient les roseaux, tandis que les hauteurs étaient recouverts d’une forêt de chênes vétustes et de buissons d’épines croissant sur leurs ruines.

La vue d’une petite église abandonnée entouré de quelques fidèles l’incite à s’y établir à cet endroit.

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2eme miracle : l’apparition d’anges lors de sa première Eucharistie à Fuchaux

 « La vue de l’édifice sacré réjouit son cœur et jaloux d’attirer les bénédictions divines sur l’œuvre qu’il allait entreprendre, Etton voulut commencer par offrir l’auguste sacrifice.

Il le fit avec une grande ferveur, répandant d’abondantes larmes et le Seigneur qui aimait son serviteur témoigna devant ses nouvelles ouailles combien la messe du saint Pontife lui était agréable.

Au moment de la consécration, l’Hostie leur apparut, dit-on, comme un soleil éblouissant, environnée d’une nombreuse troupe d’anges. »

(extrait du livre de l’abbé Delobelle)

Ci dessus vitrail de l'église de Dompierre sur ce miracle

L’endroit était quasi désert hormis quelques esclaves de Jovin (seigneur barbare du lieu).

Ils étaient pour certains chrétiens (d’où la présence d’une église) mais observaient des superstitions grossières avec la pratique de divination près de fontaines et des hommages souverains à Teutatès (plus connu sous Toutatis) et sous les rites de Druides et druidesses vivant dans la forêt attenante.

Quand leur vie était en danger, croyant racheter la vie par la mort d’un autre homme, ils offraient à leur dieu des victimes humaines.

Une série de huttes abritent notre évêque et la petite troupe de ceux qui, conquis par sa parole, son mode de vie, son autorité, entendent se mettre à leur école. Et avec les moyens de fortune qui sont les leurs, améliorent peu à peu leur installation.

Ils favorisent l’écoulement des eaux, assèchent la vallée, défrichent les pentes environnantes et ils n’en oublient pas pour autant leur mission essentielle : chanter la louange de Dieu et porter aux habitants du lieu la connaissance du vrai Dieu.

Avec frénésie et sans aucune relâche il défricha et montra la voie à ses compagnons pour rendre cette terre fertile aux semences et à la foi.

Ils percèrent des exutoires pour évacuer l’eau des marais putrides, réunir celle-ci par un ingénieux système de rigoles, de tranchées et de fossés se rejoignant dans un canal principal devenu l’Helpe Majeure. Ses eaux servaient alors comme moyen d’irrigation et comme force motrice pour actionner les moulins. Là où l’écoulement était trop lent ou trop rapide, ils créèrent des viviers pour l’élevage des poissons.

L’eau canalisée désormais apportait humus et fertilité à la place de ces tumultes destructeurs et de la croupissante lenteur.

L’aménagement de la forêt se fit aussi avec intelligence. On sélectionna les essences, on replanta à intervalles choisis pour protéger la terre des orages, des gelées et inondations.

La terre à force de travail colossaux et méthodiques devint fertile et attira la population qui croyait la terre jusqu’alors maudit, le monastère se bâtit au fur et à mesure toujours sous l’influence de St Etton.

L’argent arriva avec les récoltes et le monastère donna aussi bien à Dieu en bâtissant le sanctuaire au Seigneur mais aussi au sein des pauvres.

Le monastère bâtit en effet une église en l’honneur des apôtres Pierre et Paul, le village de Dompierre y doit son nom (Dom Pierre signifiant Saint Pierre en latin) en l’hommage d’Etton à son voyage à Rome.

Fuchaux connaît toujours sa maison présumée (ou plutôt l’emplacement de sa maison), le moulin (mainte fois détruit et reconstruit) mais le monastère fut détruit par les Normands.

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Ses prédications et miracles

Vers l’an 654, Etton apprit le martyre du pape Martin 1er et redoubla de zèle pour étendre les victoires de l’Eglise.

Il continua donc ses prédications, heureux de porter partout la parole évangélique.

Quand les Dompierrois désiraient obtenir une faveur signalée, ils le suivent en récitant des prières et en gardant un recueil sacré.

Etton comme la plupart des missionnaires du XII° s’était inspiré en travaillant à la conversion des peuples de la célèbre consultation de St Grégoire le Grand le célèbre pape.

Ce document contenant tout le programme de l’apostolat possède à la fois une largeur d’horizon et de justesse des vues. En effet ce document se montre magnanime sur les néophytes de la religion et montre de la tolérance sur les anciens cultes afin de les modifier vers le christianisme plutôt que de les détruire sans relâche.

« Etton déployait son discours avec une vigueur indomptable. Il s’adressait aux grands comme aux petits, les transperçant tout distinctement des flèches de la vérité. Il argumentait avec les incrédules et il les écrasait sous les coups de sa logique. Il exhortait les bons et devenait avec eux tendre et suppliant. Il admonestait les méchants et les faisait rougir de leur conduite. »

Son éloquence raviva la foi des plus hésitants.

Les miracles continuèrent comme pour asseoir sa prestance et attester de la raison de la foi envers ses paroles.

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3eme miracle principal.

L’un des plus beaux prodiges de St Etton fut la guérison du bouvier sourd et muet de naissance qui toucha le cœur d’Etton. A l’endroit où se trouve la fontaine miraculeuse.

Voici le récit de cette légende selon l’abbé Delobelle :

«  Un jour, Etton, trouva endormi dans une prairie un bouvier muet de naissance qui se trouvait au milieu de son troupeau Le Saint homme le toucha de son bâton et le paysan se mit à parler. Telle est l’origine des baguettes de St Etton ».

 Et comme la guérison du corps amène à celle de l’âme, le berger éclairé se jeta à ses genoux et s’écria : « Grand apôtre, ayez soin de mon âme comme vous avez eu soin de mon corps : donnez-moi le baptême ! »

* A noter : à l’époque les pâturages devaient être destinés aux moutons et non pour les bovins comme montre les actuelles illustrations et ce jeune bouvier était vraisemblablement un berger.

 

 

Selon Albert Duvaux :

« Un jour qu'il parcourait la campagne suivi d'un de ses disciples, le vénérable Ethon trouva endormi dans une prairie un bouvier muet de naissance qui avait là mené son troupeau. L'ayant touché doucement de son bâton pour le réveiller, ce muet eut aussitôt la parole et s'écria dans les transports de sa joie : O saint, pourquoi me frappes-tu ? Ne pouvais tu donc me guérir autrement de mon infirmité ? O bénis soit ton heureux pèlerinage qui m'a donné la faculté de parler. En entendant la voix de cet homme qu'il savait muet de naissance le vénérable Ethon s'arrêta saisi d'étonnement et le félicita de ce bienfait dont il rendit grâce au Christ auquel il en attribua tout le mérite. »

 

Son éloquence et sa grâce accumulée à force de piété et de recueillement  rendent les miracles au fur et à mesure de plus en plus nombreux  auquel lui-même assiste tel un spectateur plutôt qu’un acteur et annonçant la paix et la donnant à ceux qui la veulent.

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Son ermitage

De même qu’il s’était arraché à la vénération des foules de l’Artois, Saint Etton avait besoin de solitude et de silence et s’éloigna de Fusciau espérant trouver dans la forêt de Dompierre un endroit retiré où il bâtirait un ermitage et arriva au sommet d’une petite colline (où est située actuellement la gare) mais là comme à Fusciau les populations venaient l’importuner.

Pourquoi cette recherche d’isolement ?

L’abbé Delobelle dans son livre énonce que : « Si l’homme de Dieu veut faire du bien, il faut qu’il cherche Dieu dans la prière. Il faut qu’à certaines heures il soit devant l’Auteur de tout don parfait, les mains jointes, les yeux en haut, le visage ardent. Le monde apparaît alors disparaît pour lui ; il est comme au Thabor. Il se trouve en face de Jésus entre en lui à l’intime, el possède, l’envahit, l’absorbe, C’est l’un à un, le ‘mon Dieu et mon Tout !’ qui se réalise. Et quelle facilité c’est ensuite pour lui de donner à ses frères ! Il n’a qu’à laisser déborder autour de lui ce qu’il a puisé dans ce pieux commerce. Dieu réside sur ses lèvres, parce qu’il abonde dans son âme. Et c’est ainsi que tous ceux qui s’exposent à la sainte contagion de ses discours, deviennent sa conquête. »

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4eme miracle principal :

Version abbé Delobbelle:

Arrivé au sommet de cette fameuse colline, Etton crut que c’était là que Dieu se révélerait à son cœur.

Confiant de la bonté divine, il se met résolument à l’œuvre mais à peine a-t-il coupé avec sa hache quelques broussailles que le seigneur du lieu Jovin se précipite sur lui en lui disant : «  De quel droit enlèves tu mon bois ? Donne-moi ta hache. »

Et avançant son bras pour s’emparer de l’outil, la main du païen se décolla de son poignet et demeura attachée au manteau du saint et se dessécha aussitôt.

A ce signe, Jovin, touché d’une grâce céleste, s’agenouille aux pieds d’Etton et demande le baptême.

Etton, voulant donner un gage de la toute-puissance de la prière, délivra par ses oraisons la main sacrilège et Jovin en recouvra l’usage.

En reconnaissance de ce miracle, Jovin mit les religieux en possession des biens qu’il avait dans la région. Etton l’instruisit, le baptisa et le confirma.

Autre version de ce miracle (extrait du livre d’Albert Duvaux) dans laquelle le cœur de Jovin aussi s’endurcit:

« Pendant qu'il se fatiguait à ces travaux manuels voici que l'esprit du mal jaloux ennemi des bienfaits qu'il prévoyait, tentait par tous moyens de renverser les projets du pieux étranger.

Il excita contre le serviteur de Dieu un homme puissant nommé Jovin, seigneur de la terre (du Villers) qu'Ethon s'occupait à défricher.

Jovin, cédant à sa colère se disposait non seulement à s'emporter en injures contre le saint homme mais à se livrer contre lui à de barbares excès.

Mais Dieu, adoucissant les cruelles pensées de ce seigneur, comme il sut apaiser les fureurs de Saùl, rappela Jovin à de meilleurs sentiments.

Il se borna à demander un gage au bienheureux Ethon.

Il ne t'est pas permis lui dit-il, homme inconnu à mes vassaux de rien défricher de cette forêt sans mon avis ni mon autorisation. J'ai donc le droit d'exiger de toi un gage suffisant. Ethon, sans différer lui offrit pour gage la hache qu'il tenait à la main.

Dieu permit que le cœur de Jovin s'endurcit alors pour faire apparaître à tous les yeux les mérites du saint. Jovin méprisant le saint homme et dédaignant la mince valeur de ce gage jeta avec injures, dans les buissons la hache qui lui était offerte puis voyant son manteau gisant à terre, il ne craignit pas de le saisir pour s'en emparer et se disposa à se retirer.

Mais Dieu ne permit pas que ce fait put rester impuni.

A l'instant même la main du téméraire resta attachée au manteau.

Jovin persuadé que ce châtiment lui était infligé pour avoir enlevé le manteau de l'homme de Dieu et reconnaissant que le mal qu'il méditait contre autrui retombait en ce moment sur lui-même se mit à implorer à grands cris son pardon et à solliciter l'assistance du vénérable évêque, en lui embrassant les genoux et en lui baisant les mains.

Enfin le saint prêtre touché de son repentir (ayant pitié de son état) délivra la main sacrilège et la rendit à son premier état (de saniti) aussi saine qu'auparavant.

En reconnaissance il mit Ethon en possession de tous les biens qu'il avait en ce lieu, pour être tenus à perpétuité par ceux qui s'y consacreraient au service de Dieu, et pour mieux assurer cette donation, il reçut le baptême et donna comme caution son propre frère. »

Il est à noter que cette donation se révéla historique et mentionnée dans les Anorres.

Cette 2eme version (moins officielle) est plus crédible mais aurait eu lieu dès l’installation à Fuchaux puisqu’on trouve traces des importants dons des parents de Jovin au monastère qui ont permis la construction des édifices.

Il y accomplit encore beaucoup d’autres miracles et de guérisons.

A Dompierre, comme à Fuchaux, Etton ne pourra vivre inconnu et oublié.

D’un côté comme de l’autre, les populations qui l’apprécient viennent l’importuner.

On parle d’un assaut continuel de foules variées : riches comme pauvres, veuves et orphelins, boiteux, aveugles, paralytiques et épileptiques, lépreux mais aussi et surtout les possédés.

L’aura d’Etton était si forte que tous venaient s’y appuyer, s’y protéger et de revivre.

Par ailleurs, en sa qualité d’évêque, il prend part à diverses réunions.

Il fréquente le monastère d’Hautmont et assiste en particulier à Maubeuge en 661 à la consécration de l’église que Ste Aldegonde vient d’annexer à sa fondation.

Il y eu d’illustres amis de méditation comme Saint Vincent , Sainte Waudru,  Saint Humbert, St Amand, St Aubert, St Wasnon, St Ghislain, et d’autres évangélisateurs.separation-copie-1

La fin de sa vie.

Etton à la fin de sa vie était absorbée dans la contemplation des choses divines et son âme vivait déjà au milieu des saints et des anges et il lui tardait d’aller les rejoindre pour toujours.

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Il prédit à ses disciples réunis autour de sa couche le jour de son trépas, souhaita recevoir une dernière fois la Ste Eucharistie ce qui fut le cas à la date dite, le 10 juillet 662, il décéda.

Sentant sa fin prochaine, et suite à une vision de Dieu durant son sommeil Etton fit creuser la fosse qui devait recevoir sa dépouille.

Il dit également à un de ses disciples : « Sors, et va dans la forêt, tu trouveras un homme portant sur son char un cercueil, et tu me l’apporteras. »

Ce fut le cas, il y avait bien là un homme conduisant un char muni d’un cercueil attelé par deux bœufs. Le disciple lui demanda et sans tarder l’apporta au saint.

Il laissa à ses disciples ce testament : « Ne pleurez pas sur moi, mais sur vos péchés. Méprisez le monde. Exercez-vous à la piété. Et que la paix du Seigneur soit avec vous toujours. ».

Il leva une dernière fois la main pour bénir ses « enfants » et décéda dans la 65° année de sa naissance soit vers 660.

 

Son corps fut vraisemblablement d’abord inhumé à Fuchaux et après diverses translations dues aux périls des temps, il trouva une place définitive en l’église de Dompierre.

Etton excellait donc à la fois un bâtisseur, un prêcheur, un religieux, un guérisseur et son aura était telle que crescendo il imposa le culte catholique dans cette région païenne.

Nous pouvons citer les paroles de Louis de Blois (1506-1566) à son sujet :

« Qu’ils sont heureux, qu’ils sont beaux les pas du saint apôtre Etton, qui vint nous évangéliser la paix et la bonne nouvelle du salut ! Heureux les pieds qui se sont fatigués dans l’accomplissement des œuvres de religion et de charité ! Heureuses les mains qui se sont exercées aux fonctions les plus humbles, et qui souvent offrirent à Dieu l’Hostie salutaire du corps de Jésus-Christ comme une victime d’agréable odeur, ces mains qui se sont levées vers le ciel dans une incessante prière, et qui distribuèrent tant de bienfaits aux pauvres et aux infirmes !

Heureuses les lèvres de Saint Etton dépositaires de la science ! Heureuse sa bouche qui méditait les oracles de la sagesse ! Heureuse sa langue qui répétait les paroles de justice et de miséricorde et qui savait placer sur les blessures des âmes un remède si efficace ! Heureux ses yeux qui, par de saintes larmes, rendaient le Seigneur favorable aux pécheurs, doux et paternel aux contemplateurs de ses perfections. »

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Ses reliques

Les  miracles continuèrent même après sa mort et ses reliques sont toujours vénérées.

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Pour « preuve » le miracle illustré sur un des vitraux de l’église : en 735, le jour de l’ascension, une possédée est délivrée par l’attouchement du corps de St Etton.

Ci dessus: un détail de vitrail de Dompierre sur ce miracle.

Son corps fut levé de terre plus tard afin d’être vénéré mais on ne trouve pas la datation exacte.

Seules les premières traces de reliques remontent en 1128 à l’abbaye de Liessies dans une chasse accompagnant  les restes de Ste Hiltude. Il est probable que l'exhumation est eu lieu au XI° sur l’initiative de l’évêque de Cambrai Erluin qui avait fait de même avec d'autres illustres contemporains locaux.

En 1162,  le seigneur Guillaume de Dompierre qui possédait la terre de Fuchaux (renonçant au métier des armes) pris l’habit de moine à Liessies donnant à cette abbaye le corps de St Etton, les terres et l’église de Fuchaux avec Dompierre qui en dépend à la condition que le corps de St Etton soit transféré à Dompierre et qu’il y serait bâti un prieuré de moines pour son service.

Le prieuré fut édifié en effet dans un vallon charmant et les villageois y adossèrent leur église en 1604.

Ses reliques après avoir été transportées à Mons au XVI° s (par sûreté durant les guerres de religion), furent ammenées une fois la paix revenue le 24 juillet 1556 à l’abbaye de Liessies dont dépendait toujours Fuchaux et Dompierre.

Les habitants de Dompierre en conçurent contre les moines de Liessies une haine que les siècles ne parvinrent pas à atténuer.

Cette rétention valut des querelles rémanentes entre les habitants de Dompierre et l’Abbaye qui durèrent deux siècles. Les reliques sont ramenées à Dompierre par 400 de ses habitants en juillet 1789.

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Le 29 juillet 1789, quelques jours après la prise de la Bastille, armés de fourches et de fusils, ils allèrent à l’Abbaye de Liessies revendiquer le corps de St Etton, qu’ils ramenèrent triomphalement à Dompierre.

Chronique du retour des reliques :

« Ils attendent depuis si longtemps, les paroissiens de Dompierre !

Ils attendaient depuis plus de deux cent ans que Liessies leur rende le corps de Saint Etton, leur patron. Et deux cent ans , c’est long ! Même pour les gens de la terre qui vivent au rythme des saisons. Et depuis deux cents ans, les Dompierrois gardaient rancune au saint abbé de Liessies, Louis de Blois, qui, sous prétexte de les mettre en sécurité à Mons, leur avait enlevé les reliques de St Etton en 1550.

Or, sitôt l’alerte passée, en 1556, le corps de St Etton avait rejoint non pas l’église de Dompierre mais la chapelle des reliques de l’abbaye de Liessies !

Et depuis ce temps-là, à Dompierre, on attendait, on réclamait à cor et à cri le retour du saint protecteur.

A défaut de reliques, on honorait sa tombe. On lui avait même fabriqué un gisant et, comme il fallait bien appuyer la dévotion sur quelque chose - on ne pouvait vivre éternellement d’absence – sur un reliquaire vide, garni de vieux morceaux d’étoffe, on avait inscrit naïvement : « Saint Etton, priez pour nous ».

Ils patientaient depuis plus de deux cents ans !

Et voilà que vers 1789, un peu partout en France, même dans les villages les plus reculés du Royaume, on se mit à parler de libertés, de suppressions des privilèges, …

Toutes les paroisses eurent la possibilité d’exprimer leurs doléances, leurs besoins, leurs rêves. Alors le village de Dompierre cria bien hait son rêve : « nous voulons récupérer le corps de St Etton ! ».

Et puis un beau jour d’été, les Dompierrois apprirent que, le 14 juillet, à Paris, les habitants révoltés avaient délivré les prisonniers de la Bastille.

Alors ils se dirent : « Pourquoi pas nous ? On va délivrer Saint Etton ! ».

Et ils sont partis, trois ou quatre cents, à pied, avec leurs outils de paysans.

Ils sont arrivés à Liessies, le 19 juillet, à onze heures du matin et ils ont encerclé l’abbaye.

Ca a fait tellement de remue-ménage que les Laetitiens n’ont pas osé montrer le bout de leur nez.

Les moines aussi ont eu peur devant de tels assoiffés de piété.

Marc, le Père Abbé, est venu à la porte dialoguer avec les émeutiers et, bon prince, a rendu les deux reliquaires aux acharnés paroissiens de Dompierre.

Remarquez que cela ne leur faisait pas une grosse perte ! La chapelle aux Reliques de l’abbaye regorgeait de reliquaires et les deux chasses de St Etton ainsi restituées avaient peut-être des chances de traverser la révolution qui arrivait !

Les braves Dompierrois sont repartis triomphants, le curé en tête, bombant la poitrine et St Etton trônant sur un brancard.

Le lendemain matin, aux aurores, le conseil municipal de Liessies se réunissait et élevait une solennelle et émouvante protestation contre « ces paysans se disant de Dompierre qui étaient descendus chez nous armés de haches, pioches, marteaux, bâtons et autres instruments nuisibles à l’humanité. »

Jadis à Liessies, dans les chaumières, on racontait que les moines, avertis, avaient berné les intrus de Dompierre et que ceux-ci étaient partis avec de curieux reliquaires !.

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De nos jours

 L’église et le culte

A l’antique prieuré, les habitants de Dompierre adossèrent en 1604 leur église. En 1791, on démolit le mur du fond servant de séparation entre cette église et la chapelle des moines qui devint ainsi le chœur de l’église paroissiale.

L’église lui est dédiée, elle possède de magnifiques vitraux qui relatent la vie de St Etton. Son culte est resté vivace dans le village où un pèlerinage a lieu tous les ans le jour de l’Ascension.

A cette occasion les paysans plongent des baguettes de noisetier dont l’écorce est découpée en spirales dans la fontaine de St Etton.

Au moyen de celles-ci, ils touchent ensuite le gisant du Saint dans l’église et en rentrant chez eux la passe sur le dos de leurs animaux (actuellement ils pendent la baguette dans l’étable) pour les préserver de toute maladie.

Prière à St Etton :

Dieu éternel et tout puissant,

tu mets ta gloire dans tes Saints

et tu couronnes leurs mérites.

Par l’intercession

du bienheureux évêque Etton,

patron bien-aimé de Dompierre,

préserve nous de tout malheur,

protège nos familles, nos biens,

les animaux que tu mets à notre service,

et accorde-nous la grâce

d’estimer par-dessus tout,

les biens éternels.

Nous te le demandons

par Jésus-Christ, notre Seigneur

Amen

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La fontaine miraculeuse de St Etton

La pierre la recouvrant date de 1623. C’est là que selon la tradition Jovin fut baptisé après sa conversion. Le jour de l’Ascension, les paysans viennent tremper la baguette dans la fontaine avant de la faire bénir par le prêtre.

Une statue du saint y fut érigée et bénite le 11 septembre 1887.

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Les reliquaires et gisant dans l’église

 

NB: j'ai mis des illustrations prises à l'église mais je ne suis pas sur à 100% que celles ci soit bien les photos des reliquaires, contactez moi (et excusez moi) s'il y'a une intervertion. Merci

 

  • Le tombeau de Saint Etton avec gisant de bois du 18° s ( ?)

Avec son gisant en bois du XIII° (à ver). En y frottant leurs baguettes lors des pèlerinages, les paysans ont cassé le nez du gisant qui fut remplacé à plusieurs reprises.

Ce gisant fut restauré récemment et lui a redonné son aspect médieval par ses proportions et sa sculpture assez rudimentaire.

 

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  • Châsse en bois sculpté et doré de 1556

Avec en représentation sur les deux faces principales les deux miracles célèbres du saint.

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  • Buste reliquaire du saint 18°châsse en bois doré comportant un fragment de côte surmontée du buste de St Etton.

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  • Bras reliquaire en argent et cuivre doré 15°comportant un os de l’avant-bras.

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  • Un reliquaire d’argent en forme d’ostensoir comportant un fragment de côte

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  • Une châsse en cuivre doré reposant sous le maître-autel et qui contient : 2 dents molaires, un os hyoïde, une clavicule, 2 humérus et 2 cubitus, 2 omoplates 15 pièces de la colonne vertébrale, 17 côtes, un sacrum complet et un coccyx ossifié avec le sacrum, un bassin divisé en deux fragments symétriques et complets, 2 fémurs, une rotule droite, 2 tibias, un péroné gauche, 2 astragales, un calcanéum, quatre os du pied, un os du carpe.

 

 

  • Une châsse en cuivre doré posée au centre de l’autel de Saint Etton contenant la tête avec son maxillaire inférieur.

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  • Une châsse en bois doré en forme de maison, qui contient un fragment de côte.

 

NB : ces descriptions sont issues du « manuel du pèlerin de St Etton Patron de Dompierre » imprimerie D Goblet-Lusquin Avesnes 1959 et y est précisé : «  Toutes ces reliques ont été reconnues canoniquement par Mgr Thibaudier, archevêque de Cambrai, le 30 avril 1890 »

lien vers le site du classement des objets historiques de Dompierre: cliquez ici

 

 

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Le prieuré

Ce sont les bâtiments du XIII° se trouvant à l’arrière de l’église actuelle.

La chapelle du prieuré (du XIII°) est le cœur de l’actuelle église. C’est en 1791 que le mur les séparant est détruit.

Le cimetière des moines attenant la « fabrique de fer » installa une colonie de vacances en ces lieux et les ossements des moines furent transportés au cimetière du village.

 

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La chapelle de St Etton.

Une chapelle dédiée à St Etton existait à proximité de la gare actuelle, il y avait même une source. Cette chapelle fut démolie pour permettre le passage de la voie ferrée. On raconte que les quatre maçons employés à ce travail sont morts dans l’année suivante du même mal.

 

La chapelle du Bosquet non loin de là connu encore il y a quelques années la messe deux fois l’an. Elle porte cette inscription : «Hommage de toute la paroisse à Saint Etton – 11-7°-1887 ». Ce n’était autrefois qu’une colonne pourvue d’une petite niche  qui aujourd’hui forme le milieu de l’autel.

A noter : selon certaines sources, cette fameuse colonne et/ou chapelle serait en fait la même que la 1ere de la gare déplacée.

 

Photo à venir

 

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La chapelle du Grand Fuchaux.

Cette chapelle marque l’emplacement du monastère mais c’est là aussi que s’élevait l’église de Fuchaux détruite à la fin du XVIII°. Elle porte pour inscription gravée « L’an 654, le 10 juillet ici a été enterré le bienheureux Saint Etton. Je vous prie de nous préserver, et nos bestiaux, de toute maladie. »

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Photo à venir

 

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Les cultes actuels

Il y avait autrefois trois fêtes en l’honneur de ce grand Saint : l’une le 17 mai qui était double et qui s’appelait la commémoration ; l’autre le 10 juillet (anniversaire de sa mort), et la troisième au jour de l’ascension qui est le jour anniversaire de la translation de ses reliques du monastère de Fuchaux à l’église de Dompierre.

Aujourd’hui ne subsiste que le jeudi de l’Ascension où demeure la fête locale, les messes de cultes et pèlerinage spécifique.

La dernière procession du 10 juillet eu lieu en 1803 qui, après la messe, s’étendait sur trois lieues par St Hilaire, Marbaix et Taisnières. En milieu de siècle subsistait une grand’messe à 10 heures au Bosquet fort populaire qu’elle qu’en soit le temps en plein air sur les bancs.

Encore dans les années 50 avaient lieu des processions avec une procession comportant le buste, le bras reliquaire et la chasse en bois sur un chemin parsemé d’herbes coupé et de pétales de rose. La foule partait de l’église en prenant la côte pour s’arrêter au calvaire ainsi qu’aux différentes chapelles. Arrivé à la chapelle du bosquet , on y baisait le bras reliquaire. Le retour se faisait par le bosquet et une halte était observée à la chapelle du Passe-Temps fleurit alors de pivoines roses. Une fois revenue à l’église, l’Harmonie municipale accueillait les pèlerins.

Lien vers un livre numérisé de 1829 évoquant le pélerinage de St Etton et son rituel quelques années plus tôt page 115 et 116 (lien ici)

Illustration d’une ostension de 1892 en cliquant  ICI. (Document Page 19 en cours d'incrustation)

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Le bicentenaire du retour des reliques de St Etton 1789-1989

Le 10 juillet 1989

Livret d'accueil

Livret bicentenaire p1 Livret bicentenaire p4  

Livret bicentenaire p2 Livret bicentenaire p3

 

Affiche de l'événement et les 2 feuilles de chants prévus durant la procession

Affiche du bicentenaire A4 Feuille 1 chants procession Feuille 2 chants procession

Photos prises ce jour là (contactez moi si vous desirez garder l'anonymat et que je floute votre visage)

Photo-4.jpgPhoto-1.jpg 

Photo-2.jpgPhoto-5.jpg

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Article La Voix du Nord du 11 juilllet 1989:

Article La voix du Nord 11juillet1989 L'arrivee des marcheurs a Fuchaux-La voix du Nord 11juillet

L'harmonie et de nbrses personnes accueillant les marcheurs  L'etape de Fuchaux avant la chapelle du bosquet - VdN 11-07 

La chapelle du bosquet - VdN 11-07-1989  Avant la messe - VdN 11-07-1989

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Le rite actuel

Muni d’une baguette de St Etton, bâton de coudrier (nom local du noisetier) dont on a découpé l’écorce en spirale, on fait trois fois le tour de l’église.

A  l’intérieur, on touche de la baguette la châsse du Saint, on en frotte le gisant sur toute la longueur puis on va la plonger dans la fontaine dont on peut aussi emmener de l’eau.

Le pèlerin cultivateur pourra par la suite frotter l’échine de ses bestiaux avec la baguette.

A l’origine les baguettes avaient le pouvoir de rendre fécondes les vaches stériles puis elles furent utilisées afin de protéger des épizooties.

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Les prières

Cliquez sur les illustrations pour visionner en gros plan le texte.

       Oraison de St Etton                             Prière de St Etton

Oraison-de-St-Etton.jpg Priere-a-St-Etton.jpg

 

 

Litanies de St Etton ci dessous:

Litanies-St-Etton-p1-2.jpg Litanies-St-Etton-p3-4.jpg

 

 

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Les sites, sculptures, tableaux le mentionnant

 

On peux trouver encore de nos jours de nombreuses éffigies de ce saint patron dans les campagnes avesnoises, de la Thiérache et de la Belgique avec: 

 

Les statues d'église

St-Etton-eglise-de-Mazinghien.jpg  Statue-St-Etton-coeur-de-l-eglise.jpg Statuette-St-Etton-eglise-de-Dompierre.jpg Statuette-en-haut-de-l-autel-de-St-Etton--eglise-de-Dompie.jpg

Eglise de Mazinghien(59) et les suivantes de Dompierre sur Helpe

 

Les peintures également d'église

Autel-de-St-Etton-avec-buste-et-reliquaire-eglise-de-Dompi.jpg

Ici l'autel de St Etton à Dompierre sur Helpe.

 

Les chapelles à son intention

En Belgique également, nous pouvons trouver sa trace avec la rue St Zèle (venant de St Zé) à Braine l'Alleud.

Vous trouverez plus de renseignement pour ce lieu et d'une coutume avec autre miracle avec l'arbre à clou en bas de l'article au lien ci-dessous:

http://bruges-la-morte.net/wp-content/uploads/Promenade-historique-dans-le-centre-de-Braine-lAlleud.pdf

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Bibliographie :

Documents archivés de mes parents.

Brochure « 1789-1989 Bicentenaire du retour des reliques de St Etton ».

Livret d’accueil du 5eme rassemblement des Dompierre de France (juillet 1998)

Discours de l’Abbé Pierre Bourbon à la chapelle de Fuchaux lors du bicentenaire le 9 juillet 1989 issu en partie de :

« St Etton, … sa vie, ses reliques et son culte » de l’abbé Delobelle.

« Aux origines monastiques de la Gaule du Nord. Ermites et reclus du V au VI° s

A noter, si quelqu’un a en sa possession un ouvrage relatant St Etton autre que celui de l’abbé Delobelle (que je viens de commander), pourrait il me contacter afin de photographier les pages de ceux-ci afin de ne pas perdre ces témoignages et les rendre accessibles à tous. ….. merci.

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Vos commentaires, vos questions, ...

 

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Autre sites internet l’évoquant

 

Notes historiques sur Fusciau, pour servir de préface à l'histoire de Saint-Hilaire (Albert DUVAUX)

Cliquez sur le lien ci dessous pour accéder au livre numérisé (gratuit)

 

http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb34445737x/date1932

 

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Extrait de « le chasseur français » N°637 de mars 1950 p189 écrit par Roger Vaultier

http://perso.numericable.fr/mobriant/articles/1950/1950189A.htm

Dans le Nord de la France, à Dompierre, le pèlerinage de Saint-Etton est en renom depuis des siècles. Le jour de l'Ascension, vers 1890, environ six mille personnes se rendaient dans cette petite localité, située non loin d'Avesnes. Dès l'aube, une foule de fermiers obstruaient les rues du village. Chacun était porteur d'une baguette de coudrier dont l'écorce avait été découpée en spirale avec le plus grand soin. Ils faisaient trois fois le tour de l'église en l'honneur, disait-on, de la sainte Trinité — en réalité, pour suivre une tradition nullement chrétienne. Puis, après avoir traversé le haut de la grande nef, ils touchaient de leur brin de bois toute la superficie de la statue du bon saint Etton, de la plante des pieds au sommet de la tête, et continuaient leur marche. Le troisième périple achevé, ils se faisaient inscrire à la confrérie, se faisaient dire l'évangile du jour et allaient, d'un pas allègre, tremper leur brindille dans l'eau miraculeuse de la fontaine voisine. Au retour de leur pieux voyage, leur premier soin était de se rendre dans leurs étables et de promener sur le dos de leurs bêtes la baguette bénite afin d'obtenir qu'elles fussent préservées des accidents et des maladies.

Les paysans visitaient aussi le sanctuaire de Bienvillers-au-Bois où ce saint, peu connu dans l'histoire, était également prié ; ils chantaient un long cantique dont voici un extrait :

Vaches, chevaux et brebis,
Partout ce saint est notre appui,
De loin comme de près,
Il peut partout nous préserver …

Un autre passage de ce pieux poème nous dévoile les buts de ce pèlerinage :

À Bienvillers-au-Bois,
Village du quartier d'Arras,
Là où est saint Etton,
Protecteur de tous ces cantons,
Un nombre de gens vont infiniment (sic)

En dévotion servir saint Etton,

 

Offrant leur cœur à Dieu,
Au nom de ce saint glorieux,
D'apaiser les fléaux
Qui règnent sur les animaux ...

 

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Vidéo pèlerinage 2012 :

http://www.dailymotion.com/video/xqw5yb_saint-etton-dompierre-2012_news

 

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Vies-des-peres-des-martyrs-et-des-autres-principaux-saints.jpg

Vies des pères des martyrs et des autres principaux saints ..., Volume 10

Par Alban Butler,Godescard (abbé)

Cliquez sur la vignette ci contre pour visionner la page concernée.

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LE-PELERINAGE-ET-LE-MYSTERE-DE-SAINT-ETON.T.-1--No.-3--M.jpg LE PÈLERINAGE ET LE MYSTÈRE DE SAINT-ÉTON

T. 1, No. 3 (Mai-Juin 1949),

pp. 238-250.

Roger VAULTIER

Cliquez sur la vignette pour accéder à la 1ere page (je n'ai pas le reste ,...)

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  Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du midi de la Belgique . Volume 1

 publié par Arthur Dinaux, Aimé Nicolas Leroy, André Joseph Ghislain Le Glay

  Lien vers le livre numérisé: cliquez ici, pages 111 à 116.

Merci à mon beau frère pour avoir trouvé ce livre ;-)

 

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Archives de Bienvillers sur la querelle des jacobistes et des ettonistes

Site : http://www.bienvillers.org/article.php3?id_article=277&var_recherche=%E9glises

Les Ettonistes et les Jacobistes

1719 - 1754

« Correspondance relative aux contestations qui se renouvelaient sans cesse, depuis très longtemps, entre les habitants de Bienvillers-au-Bois, pour les deux églises de cette paroisse. »

Il s’agit d’une transcription à partir des recherches, de M. Jules-Aimé Cottel sur la querelle des deux églises, Saint-Jacques et Saint-Etton , qui a opposé les habitants de Bienvillers entre eux. Il n’a pas été possible de travailler à partir des archives, sur lesquelles l’auteur s’est appuyé, ces dernières ayant été détruites lors de la 1ère Guerre Mondiale. A l’origine , Saint-Jacques fût un sanctuaire fondé par l’évêque Saint-Etton. Une chapelle portant son nom vit le jour en 1508. Pendant la guerre d’Espagne, l’église Saint-Jacques fût incendiée en 1637. Dés lors, tous les offices furent célébrés à l’église Saint-Etton. Mais la reconstruction de Saint-Jacques conduit à l’antagonisme entre les habitants de Bienvillers pour la priorité d’une paroisse sur l’autre. Un antagonisme qui perdure au XVIIIème et sans doute encore au XIXème siècle.

- Copie d’une lettre du curé au Garde des Sceaux du 15 avril 1720 : « Il y a plus d’un siècle que les habitants de Bienvillers-au-Bois de la province d’Artois sont en procès, se consumans en frays inutiles au sujet des deux églises qu’il y a en ce lieu, sçavoir celle de Syt-Jacques et celle de St-Esthon ; en conséquence d’un procès instruit par devant M. l’Evêque d’Arras au sujet des droits paroissiaux de ces deux églises ; ordonne a esté rendue par le dit sieur évesque le 11 août dernier, par laquelle il est dit entre autres choses que celle de St-Jacques est la véritable paroisse dudit Bienvillers »etc.

- Lettre de M. d’Angervilliers, ministre et secrétaire d’Etat, sur une requête des habitants dudit village de Bienvillers « qui demandent qu’on leur donne des commissaires, pour connoistre et juger en dernier ressort des contestations qui subsistent toujours entr’eux, par rapport à une chapelle qu’une partie de ces habitans prétendent devoir être « substituée à l’ancienne paroisse. » (5 mai 1730)

- Arrêt d’évocation qui renvoie devant l’Evêque d’Arras et l’Intendant de Picardie et d’Artois les procès et différends soulevés relativement aux églises de St-Jacques et de St-Ethon, en la paroisse de Bienvillers : « Le Roy estant informé des contestations qui sont entre les habitants du lieu et communauté de Bienvillers au Bois, en son comté d’Artois, diocèse d’Arras, par rapport à deux églises qui se trouvent dans le même lieu, situées aux deux extrémités dudit lieu, l’une dédiée à St-Jacques et l’autre à St-Ethon, à l’occasion de quoy les habitans de ladite communauté sont de temps immémorial en procès les uns contres les autres pour sçavoir laquelle de ces deux églises est la paroissiale, et dans laquelle les ornements et les principales cloches seront misent ; que les habitans qui ont leurs demeurent du costé de St-Jacques prétendent qu’elle est la véritable paroisse, et que ceux du costé de l’église de St-Ethon soutiennent au contraire que c’est cette dernière, ce qui a causé jusqu’à présent une telle division entre ces habitans qu’ils en sont venus aux mains, et se sont portés à de telles violences les uns contres les autres qu’il y a plusieurs fois des gens tuez et blessés... ce qui a occasionné depuis plus d’un siècle une infinité de procès monstrueux, tant au civil qu’au criminel, dans toutes les juridictions de la province et même au Parlement de Paris, qui ont engagé ces habitants dans des procédures immenses »etc. (26 août 1730)

- Jugement définitif portant que « l’église de St-Jacques est la paroisse dudit lieu de Bienvillers-au-Bois, qu’elle jouira seule, et à l’exclusion de celle de St-Ethon, de tous les droits et prérogatives d’église paroissiale dudit Bienvillers ; que toutes les fonctions pastorales et curiales se feront en ladite église de St-Jacques, aussitôt qu’elle sera rebâtie ; qu’elle profitera seule, dez à présent, de tous les biens et revenus généralement quelconques annexés à la fabrique de l’église paroissiale dudit Bienvillers, aussi bien que tout l’argent monnoyé et des arérages dus à ladite fabrique, dont les receveurs et marguilliers rendront compte en dedans trois mois au plus tard, par devant les dits sieurs Le Clercq et Hébert que nous avons commis et commettons à cet effet ; que ladite église de St-Jacques sera incessamment rebâtie et rétablie en estat suffisant pour contenir tous les paroissiens dudit Bienvillers ; que la tour de ladite église de St-Jacques sera bien et dûment réparée ; que les deniers provenant de tous les biens et revenus de ladite fabrique seront employés au rétablissement de ladite église et aux réparations de ladite tour, et qu’au cas d’insuffisance d’iceux il sera fait assiette sur tous les paroissiens dudit Bienvillers, tant sur ceux qui sont du costé de l’église de St-Ethon pour le surplus des sommes employées au rétablissement de ladite église de St-Jacques et aux réparations faites à ladite tour ; que ladite église de St-Jacques sera seule entretenue par la suite dans un estat décent et convenable à une église paroissiale, desdits biens et revenus de ladite fabrique ; et au cas d’insuffisance des deniers d’icelle, par tous les paroissiens dudit Bienvillers ; que le chœur de ladite Eglise de St-Jacques sera rebâti et entretenu par les décimateurs dudit Bienvillers, au moyen de quoy ils seront déchargés de l’entretien du chœur de l’église de St-Ethon, lequel sera démoli, aussi bien que toute ladite église et la tour d’icelle, aussitôt que l’église de St-Jacques sera rebati et bénite ; ordonnant en outre que tout ce qui appartient à l’église paroissiale dudit Bienvillers, comme tabernacle, ciboire, remontrance, vases sacrés, ornements d’autel, habits sacerdotaux, fonds baptismaux, le coffre-fort, baux, déclarations et généralement tous les titres et papiers concernant les biens de ladite fabrique, les registres de paroisse tant anciens que nouveaux, seront ôtés de ladite églissie de St-Ethon et transportés en celle de St-Jacques pour y rester et servir à perpétuité ; que les cloches qui sont dans la tour de St-Jacques&n

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